A propos de Ninotchka

Aussi loin que je réfléchisse, tous mes souvenirs sont soit sucrés soit salés…ils sont souvent dans une cuisine familiale ou autour d’une tablée, avec des sourires ou des larmes, mais ce n’est jamais insipide.

J’ai grandi en Italie, fille d’une maman française et d’un papa italien. Enfin, d’une maman pied-noire et d’un papa napolitain.  Qui m’ont élevé au Nord de l’Italie. Contrairement à mon grand frère, qui lui a traversé l’Italie. Notre cocon familial se trouve en Catalogne. Vous commencez à comprendre pourquoi il y a autant de bouffe dans mes souvenirs…et tout ça teinté d’huile d’olive et de pain pour saucer (fare scarpetta) .

Chez nous, les recettes ont toujours été associées à une personne : mes parents ayant beaucoup déménagé, ma maman tenait des cahiers de recettes avec le nom de la personne qui lui avait appris : la pasta di Donata, la torta di mele di Marlène (recette que nous n’avons jamais retrouvée…mais apparemment délicieuse), il carpione di Pina, etc…Ainsi, j’ai grandi avec ces histoires et j’ai développé cette même manie : pour tout plat, j’ai au moins 5 minutes d’introduction, qui explique qui, pourquoi et comment nous l’avons apprise.

Je vais essayer de partager ces histoires et ces recettes à travers ce blog, des recettes simples, de saison, généreuses et conviviales, pour que toutes les personnes qui ont aimé partager ces moments avec nous, puissent continuer à être célébrées et pour que ces rencontres continuent à vivre !

 

La stor(i)etta : la crostata di Iolanda

La crostata est la tarte familiale italienne : simple et rustique, elle sent bon les dimanches à la maison. Je me souviens encore de ma première part, c’est l’un de mes premières souvenirs sucrés.

Un jour, une amie de ma mère vient nous rendre visite. C’était la fin des années 80, en Italie du Nord, nous habitions un appartement dans le centre de la petite ville d’Alba (Piémont). Iolanda sonne : une petite femme avec un gilet en laine rouge tachetés de fraises, un col claudine blanc, des cheveux noirs coupés courts, cotonneux, entourant un visage aux traits fins, une belle peau mate. Elle venait nous voir avec sa crostata pour accompagner le thé. C’était mon premier thé entre filles !

A partir de ce moment, j’ai beaucoup vu Iolanda et j’ai appris beaucoup de mes recettes sucrées. La crostata reste le plus beau souvenir d’une douce enfance italienne.

J’ai appris à la faire avec elle, enfant…et je continue à la transmettre aux enfants qui m’entourent. Cette recette a sauvé pas mal de baby-sitting et d’après-midi pluvieux !