Recette de la vinaigrette de pépé Pierrot feat. Sarah

Dans tous les groupes d’amis, chacun a ses compétences : S. amène les petites cacahuètes enrobées de chocolat, on peut compter sur K. pour les plats mijotés à la française, A. pour ses plats familiaux plein de saveurs, D. pour ses essais (réussis) en pâtisseries, J pour les bons vins, T. pour les bons produits du terroir. .. Et Sarah… Sarah c’est la vinaigrette. Même lorsque nous avons tous la chance de partir en vacances en Guadeloupe marier nos amis… Sarah fait la sauce vinaigrette de la salade d’avocats.. C’est pas négociable !

Je sais, tu crois que c’est un truc simple, tu es un peu blasé, pfff une vinaigrette, Ninotchka peut mieux faire… mais ne la sous-estime pas. Ne nous sous-estime pas. La vinaigrette c’est ce qui change la salade basique en salade incontournable. C’est comme passer du t-shirt blanc basique au t-shirt blanc cool, porté avec de jolies boucles d’oreilles et une belle veste bien coupée. La salade verte a besoin de la bonne vinaigrette pour avoir bonne mine !

Et Sarah m’a appris ça… J’ai découvert comme tu peux accessoiriser ton t-shirt blanc en fonction de ton humeur et du temps… La salade verte a sa propre vinaigrette, puis tu peux l’adapter en fonction de la qualité : avec la scarole tu peux mettre un petit oignon frais, en été tu rajoutes une tomates en faisant ta petite sauce…

Je suis curieuse, tu le sais… Alors en cuisinant avec Sarah une autre recette que tu découvriras bientôt, je la questionne comme ça, en passant, genre l’air de rien sur sa vinaigrette… Et là ? Et bien non seulement Ninotchka a récupéré deux recettes pour le prix d’une de façon tout à fait détournée, mais en plus elle a la chance de plonger dans les souvenirs de la petite Sarah, dans la maison de son pépé et sa mémé dans l’Ain. C’est mémé qui cuisine et pépé lui… Fait la vinaigrette. Toujours. Pépé Pierrot est venu d’Italie, en France, lorsque les années sombres italiennes ont commencé. Et il fait une vinaigrette huile, vinaigre un peu à l’italienne.

La petite fée de la recette familiale a encore opéré…Les yeux pleins d’affection, elle reproduit les gestes que son pépé lui a appris. Oui, ok phrase un peu culcul mais.. j’ai trouvé ce moment émouvant.

Et surprise, je comprends enfin le secret de la vinaigrette… tout réside dans comment tu mélanges tes ingrédients … Pas de cuillères pour mélanger, non non non… Tu tournes doucement ton saladier et tu laisses les ingrédients se rencontrer en douceur… La vinaigrette de pépé Pierrot c’est un peu comme la rencontre amoureuse au bal du village, tout en douceurs et sourires, versus la rencontre amoureuse via AdopteUnMec !

Mais cette vinaigrette, elle a beau l’avoir apprise avec elle lui, répéter les mêmes gestes… Elle me dit qu’elle n’arrive jamais à retrouver le bon goût de la salade de pépé Pierrot.

A la fin de notre atelier, nous rejoint notre amie J. Et on commence à manger. Et J. nous avoue, qu’elle a beau avoir compris la technique de la vinaigrette de Sarah et la reproduire… Sa salade n’a jamais le même goût que celle de Sarah…

De quoi j’ai besoin ?

Sel et poivre

1 cuillère de vinaigre pour 3 d’huile (attention pépé Pierrot utilisait de l’huile type tournesol mais pas d’olive !)

Comment je fais ?

1. Dans ton saladier, tu commences par mettre le sel et le poivre.

2. Puis tu mets une cuillère de vinaigre. Tu poses ta cuillère, geste essentiel ! Et tu prends ton saladier, tu le fais tourner délicatement pour les poudres se mélangent au vinaigre.

3. Puis tu mets tes cuillères d’huile. Et tu reposes ta cuillère, et tu tournes de nouveau délicatement ton saladier pour que l’huile s’intègre à tout le reste.

4. Mmmmmhhh. Apprécies.

Stor(i)etta de MaMéditerranée – Pane e pomodoro di Luciano

Je ne sais pas comment je vais résumer ça. Et peut-être que je ne vais rien résumer du tout et je vais me lancer dans une série culinaire printannière-estivale : quelques produits fétiches de MaMéditerranée, vus avec les yeux de Ninotchka. Le suspense que je te laisse rivalise avec la nouvelle saison de GOT, je sais.

C’est peut-être le début des journées plus longues, une forte envie de voir la Méditerranée, un cadeau reçu ce week-end qui m’a tellement touché…Je ne sais pas d’où ça vient, mais aujourd’hui…Je suis omnibulée par le pane e pomodoro (italien) o pan con tomate (espagnol).

Si on veut être un peu technique, la façon de le préparer en Italie ou en Espagne n’est pas la même : en Italie, tu frottes la tomate sur ton pain, puis la tomate est découpée et posée sur le pain. En Espagne, la tomate est frottée sur une râpe, on en récolte la pulpe qui est ensuite posée sur le pain, comme une confiture. Et si on veut vraiment vraiment être pointus, mais je sais que tu commences à l’être..La petite recette dont je te parle ici, n’est pas celle de la bruschetta (prononces BRUSKETTA par pitité)…Nan,nan, je t’en parlerai une autre fois de ça. Là on parle du pain et tomates version Luciano, plat de toute mon enfance.

Et oui, parce que malheureusement, tu ne me l’as jamais demandé, mais saches que si tu l’avais fait, j’ai une mini liste d’aliments dont je ne peux me passer…un trio tout fait, parfait : pain, tomates et huile d’olive. C’est d’ailleurs mon dîner d’été préféré. Je fais deux cours de RPM d’affilé juste pour m’empiffrer sans culpabilité de pain et huile. C’est mon déjeuner préféré. Je commande exprès une petite cerveza (bière) pour pouvoir commander du pan con tomate….C’est évidement pour ne pas boire à jeun (ben oui, je ne bois JAMAIS sans manger, c’est ma maman qui me l’a appris). Et c’est aussi – surtout- mon petit déjeuner préféré. Oui je sais, ça, c’est déjà plus difficile à comprendre pour quelqu’un qui n’a pas grandi sur une côté méditerranéenne. Ou qui n’a pas eu le chance d’avoir un papa qui a grandi à Naples et qui a toujours essayé de nous transmettre ces goûts pleins de soleil, même quand on ne vivait pas proches du soleil…et côté soleil, je te promets qu’Alba en Piemonte, c’est quand même pas Napoli, en Campania !

Pour faire ça, il avait installé plein de vases très profonds sur notre terrasse pour avoir nos propres tomates. Et il m’amenait, aussi loin que je m’en souvienne, sentir le parfum des plantes et goûter la tomate, chaude et ensoleillée. C’est le goût de ma tomate : en direct de la plante, toute bronzée de soleil, qui t’explose en bouche. Si tu n’as jamais fait ça, tu n’as jamais eu la chance de goûter aux tomates.

Et connais-tu le plaisir de te lever le matin et de voir sur la table de la cuisine, le petit déjeuner prêt ? Une petite assiette, avec des tranches de pain vieux, rapidement ramolli par un peu d’eau tiède, mouillé par de la tomate qui a été frottée dessus, puis joliment posées dessus ? Le tout « légèrement » arrosé d’huile d’olive…et quelques feuilles de basilic. Et un peu de sel. Comment ne pas se réveiller avec le sourire quant tout cela t’attend sur la table ? Ce petit déjeuner est notre tradition familiale. En été, qu’on soit entre amis dans la maison du bonheur de la Drôme ou dans celle catalane, il pane e pomodoro est toujours plébiscité. Et les rôles de chacun sont bien définis : le Lo de Gre a acheté le pain, mon frère fait pane e pomodoro, moi je fais le caffé. Les autres mangent. Et comme dans GOT, tous ceux qui se sont essayé à faire pane e pomodoro à la place des Sorrentino hommes…ont rencontré les marcheurs blancs…

Stor(i)etta toute jolie de la ensaladilla rusa

Si tu penses que les gens m’invitent spontanément cuisiner avec eux…Je t’aime, mais tu es naïf et/ou tu ne me connais pas vraiment. Derrière ce sourire spécial blog (comme l’a surnommé mon ami K, qui du coup va devoir cuisiner), se cache un petit caractère autoritaire et têtu, comme pourrait en témoigner ma maman. Nintochka est un peu une super héroïne, avec un double pouvoir : obliger les gens à cuisiner et à les faire parler des choses les plus secrètes et indiscrètes.

Mon double arrive donc à :

  • se faire inviter chez les amis à une date qui lui va bien, à imposer une recette qu’elle aime et qu’elle a envie de manger. Tu ne crois pas que je vais accepter la première petite quiche que tu as trouvé sur Marmiton?
  • les regarder cuisiner tout en faisant semblant de prendre des photos des produits. Ou mieux : mobiliser une tierce personne pour qu’elle prenne les photos. Il faut quand même veiller à ce qu’elle n’ait pas trop guillerette, sinon ça fait comme pour cette recette-ci
  • se faire prendre en photo tous sourires, tous complices et fait croire que Ninotchka t’a fait passer un super moment.

Et en plus de s’empiffrer, elle arrive aussi à poser des questions, plein de questions, jusqu’à obtenir les réponses satisfaisantes. Croustillantes comme une bonne oreillette du Carnaval. Et pour cela, il faut de la ruse, de la patience et un peu (beaucoup) de curiosité.

La ensaladilla rusa, par exemple. Tu crois que l’histoire c’est juste qu’on aime bien les légumes avec de la mayo ? Je suis plus complexes que ça, voyons… Avec Agnès, on partage plein de choses : des valeurs communes, un amour pour les pièces de théâtre (je lui ai fait croire en tout cas), un amour pour les livres de cuisine (elle y croit en tout cas), un amour pour les déménagements (elle s’obstine à nous le faire croire en tout cas)… Et on partage surtout un amour pour les terres espagnoles et catalanes. On veille d’ailleurs à maintenir nos compétences en espagnol : on sait où savourer un Vermout au coin de Barceloneta, on sait comment siroter une San Miguel dans une crique jambes dans l’eau, on sait comment se faire inviter à des repas en toute simplicité, avec quelques grands crus, quelques cinquantaines d’huîtres et le pain du meilleur boulanger du monde (cette compétence, c’est moi qui lui ai appris.). Agnès et moi, on sait plutôt bien vivre. Bon, le seul petit bémol est qu’Agnès préfère goûter que cuisiner. Jusqu’au jour où je découvre qu’elle sait préparer la ensaladilla rusa. Un de mes pêchés gras mignon. Ninotchka ne la lâche pas. Je la goûte une fois. Et pendant les années qui suivent (oui,oui ça se compte en années) Ninotchka harcèle Agnès. Et enfin, attirée par l’exposition mondiale que lui permet le blog (je mesure mes mots), elle cède et elle cuisine pour moi.

Et là, c’est une surprise après l’autre. Au-delà de découvrir son appétence pour préparer la mayonnaise (ici), je découvre la vraie histoire de la ensaladilla rusa.

Cette recette raconte l’histoire d’une jolie française de 16 ans qui aime l’Espagne depuis son plus jeune âge et qui rencontre un jeune bel espagnol. La veille de son retour en France, il lui demande de le réveiller pour lui dire au revoir. Bon, elle ne comprend pas bien l’espagnol puis tu rajoutes à ça un peu de timidité…le bel hidalgo n’a pas été réveillé par la douce française.

Je te parle d’une époque sans Messenger ou WhatsApp. Une époque où tu achètes du papier à lettres, une époque où tu attends que le téléphone fixe qui sonne. Oui, oui nous avons connu les cassettes et le lecteur de cassette Fisher Price marron. Nes ois pas désagréable cher lecteur, il y a beaucoup de chances que toi aussi tu aies connu tout ça. Ne soyons pas passéiste et revenons à notre jolie et douce française. Quelques mois plus tard elle reçoit (enfin!) une lettre avec cette phrase « si tu ne vois pas bien qui est l’expéditeur de cette lettre… Je suis le garçon que tu aurais dû réveiller ». Clap de fin.

Naaaaaaa. Si tu es gnangnan comme le peut être Ninotchka, cette fin ne te satisfait pas. C’est un peu comme dans Dirty Dancing, lorsque Patrick Swayze part sans vraiment dire au revoir à Baby…tu sais qu’il doit revenir. Et bien, là aussi, on sait que ça ne peut pas finir comme ça.. Et quelques années plus tard, après quelques années de vie en terres espagnoles pour notre jolie française, ils ont l’occasion de se revoir et… il lui cuisine une ensaladilla rusa.

Avoue que ça méritait bien que Ninotchka ne lâche pas l’affaire hein….Avoue que toi aussi maintenant tu as envie de goûter à ce plat tout en regardant Dirty Dancing hein ?

Recette de la Ensaladilla Rusa d’Agnès

Mes tocs sur cette recette : tu prononces ENNSALADIYA ROUSSA. Et le premier qui dit que c’est comme une macédoine de la cantine, j’accepte tes démissions en tant que lecteur de mon blog. Si tu dis ça, c’est que tu n’as jamais été au soleil, avec une Estrella au comptoir en bois d’un bar espagnol. Si tu dis ça, c’est que tu n’as pas encore fait des soirées sexybitch avec tes copines (ça marche aussi avec tes copains) en mangeant une ensaladilla. Avec Agnès, on va essayer de te montrer la différence et de t’amener un peu de chaleur, de bonne-humeur et de calories !

Bon, j’avoue que cette recette ne remplit pas tous les critères qualité qu’il faudrait pour être sur le blog. C’est une recette à base de mayonnaise. Au moment fatidique de mettre la mayonnaise dans la recette, je vois Agnès le sortir du frigo. un bocal de mayonnaise. Je la regarde, yeux écarquillés, et avec un top sûrement un peu accusateur et je lui dis que je pensais que nous allions la faire maison. Elle me fixe, toute naïve et pimpante et me dit qu’elle n’y a même pas pensé une seule seconde. En raison de sa réaction spontanée et pour remercier mon amie d’accepter de cuisiner un dimanche matin alors que vraiment, vraiment, elle préfère goûter que cuisiner, voir dormir que cuisiner, voir lire que cuisiner, voir aller au cinéma que cuisiner…j’ai décidé d’assouplir les règles des publication et faire une exception. Tu l’as compris, toute recette de mayonnaise maison,sera récompensée d’une ensaladilla en retour !

Ah et pour bien préparer cette petite tuerie, ne fais pas comme moi…Il faut plutôt la préparer la veille pour le lendemain, pour que tout soit bien amalgamé et que les saveurs soient mélangées.

Saches enfin, qu’il y a plein de sortes d’ensaladilla, tu peux aussi rajouter de petits pois ou tout autre légumes qui te donne envie…

De quoi j’ai besoin ?

  • 3 ou 4 pommes de terres
  • 3 carottes
  • 1/2 poivron rouge et un 1/2 vert
  • 3 œufs
  • 250gr de mayonnaise
  • 2 grandes boîtes de thon. Mais en vrai c’est un peu au pif, sûrement 1,5 ou peut-être un peu plus ou peut-être un peu moins. Fais-toi confiance !
  1. Il faut tout bien peler tes légumes et les faire cuire vapeur. Et tu fais tes oeufs en œufs durs.

2. Ensuite avec ton presse-purée, tu écrases tous tes légumes (à l’exception des poivrons).

3. Tu coupes 2 de tes œufs en morceaux très fins et tu les joins aux légumes. Tu écrases encore un peu, mais il faut que cela reste granuleux.

4. Coupes ton dernier oeufs en jolie quart et réserve-le. Coupes la moitié de tes poivrons en petits carrés, tu peux les rajouter à tes légumes écrasés. L’autre moitié des poivrons tu les coupes en jolies tranches fines et tu réserves.

5. Et voilà le moment bourin, comme le surnomme Agnès : tu mets ton thon dans tes légumes écrasés et tu rajoutes la mayonnaise, en veillant à bien mélanger…Et tu sales et poivres.

6. Ton ensaladilla est presque prête : mets dans un joli plat, fait une décoration avec tes poivrons et oeufs. En Espagne on la mange avec des petits grissins croquants…je pense que des grissini italiens sont tout à fait appropriés !

Stor(i)etta della Pasta al radicchio di Pablo feat. Cri

Cri, c’est mon grand frère, nous avons 12 ans de différence. A 15 ans, il a traversé les Alpes, sans éléphants, et il a commencé à étudier au lycée international de Grenoble. Nous faisions donc régulièrement les aller-retours Alba-Grenoble et on le ravitaillait de choses essentielles à son bien-être : i Tronky, i Ringo (si tu n’es pas italien, inutile, tu ne peux pas comprendre), du jambon cru, du polpettone, et des ampoules. Oui, tu as bien lu, des ampoules. C’était le pot-de-vin destiné au CPE. Je sais, ça reste un mystère pour moi aussi cette corruption.

Tu dois te dire qu’il commence mal cet article,avec une histoire d’ampoules et des allers-retours entre Alba et Grenoble, villes connues pour leur movida et leurs (1)50 nuances de gris du ciel. Et ça ne va pas s’arranger, car j’ai été tentée de te faire un article sur l’histoire de mon frère, de comment il a cuisiné son premier plat, esseulé dans sa chambre d’internat. Et comme il a ensuite aimé cuisiner…Et je t’assure que j’aurais pu faire un truc digne d’une bonne production NX, avec de l’amour, des pleurs et un happy-end. Mais en vrai, la recette de Cri, celle qui le raconte, ce n’est pas celle-ci. Elle est prête, et n’attend que l’été et les légumes du soleil.

Cette recette parle plutôt d’échanges italo-français et d’amitiés sans frontières. Des amitiés qui se poursuivent, malgré la distance géographique et une vie hors de tout réseaux sociaux pour Pablo et Cri. Pablo, que mon frère a rencontré au lycée international de Grenoble. Et que j’ai moi-même rencontré un jour d’été, sous le soleil catalan où il a sonné, par surprise, chez nous.

Pleine de joie de pouvoir ouvrir la porte, je cours, lui ouvre et je reste interloquée. Et…Je lui claque la porte au nez. Je recours en sens inverse, je vais voir ma mère, et je lui explique, effarée, qu’il y a quelqu’un qui veut voir mon frère : un garçon avec de petites lunettes rondes… et avec une crête, des piercings aux oreilles, peut-être (sûrement) un (des) tatouage(s), un jean troué, des Doc Martens et de grosses chaussettes blanches. Ninotchka, 5 ans, découvre un punk, en plein milieu de son voyage Interail !

Cri et Pablo ont, selon ma mère, lancé la mode des jeans déchirés au milieu des années 80. Si, nous sommes autorisés à douter de cette information, il faut reconnaître qu’au-delà de cet amour en commun pour les looks atypiques, ils ont aussi décidé d’avoir un parcours atypique : faire de longues études supérieures, pour ensuite ouvrir tous les deux un restaurant, l’un à Grenoble, l’autre à Padova. Et ça juste avant que les reconversions dans la cuisine soient à la mode, que l’engouement pour la cuisine envahisse tous nos réseaux, que tous les chefs deviennent sexy-tatoués-barbus. Mon frère et Pablo ont été un peu des précurseurs du fooding. Je suis peut-être bien la fille de ma mère.

Si je te parle aujourd’hui de sa recette de pâtes, c’est grâce à leurs échanges culinaires : l’un amenait des vins français en Italie, l’autre des vins italiens en France. Et un jour, Pablo est arrivé à Grenoble avec le radicchio et c’est devenu un incontournable de nos hivers ! La recette, c’est ici !

Recette : penne « al radicchio rosso » de Pablo feat. Cri

Je t’entends déjà m’énerver. Mais si, je sais que tu vas dires « radicheau », et tu vas même faire un petit accent, parce que, toi l’italien, tu maîtrises. Mmmmh, si tu prononces correctement RADIKIO, je t’autorise un petit accent. Après ce mini cours de prononciation, laissons place à la petite minute culturelle. Saches, qu’il y a 4 différentes sortes de radicchio rosso (toutes en Indications géographiques protégées) . Celui que tu trouves plus facilement en France est celui de la photo, le rond, il radicchio di Chioggia, (tu commences à comprendre hein…KIOTGIA). Ce sont des salades de la famille des chicorées, elles ont donc un goût amer, particulier, mais bien préparées, promis, elles font l’unanimité. La recette avec le pack « petits sujets de conversation inclus », c’est pas mal hein ?

Challenge 1 : trouver ton radicchio… Pour moi, tout a reposé sur une solidarité méditerranéenne. Et à Lyon, c’était pas gagné ! Je découvre, grâce à la photo du risotto du jour de Tipico, un resto italien que je suis, qu’ils ont fait un risotto avec ce radicchio. Aussitôt vue, aussitôt commentée, je leur demande où ils ont trouvé ce petit bijou. Et là, sans me connaître, ils me conseillent d’aller chez Mousse, qui tient une épicerie de quartier, qu’il va m’en garder et même me faire un petit prix. J’y suis allée, à mon rythme, soit, deux jours après…Et là non seulement Mousse m’a reconnue, mais il m’avait aussi gardé les salades, il m’a fait un prix et il m’a offert des olives. Tout ça avec un sourire et de la sincère sympathie. Des moments comme ça, ça me booste pendant des jours.

Challenge 2 : cuisiner ! Maintenant que tu as trouvé les salades girly chez Mousse, prend ton tablier et au travail !

De quoi j’ai besoin ? (pour 4-5 personnes)
1 radicchio di Chioggia (o trevigiana)
100/150gr de Morbier
50cl de crème fraîche
400-500 gr di penne rigate

Comment je fais ?
1. Tu commences par laver et couper i radicchi. Tu réserves.

2. Tu coupes ton morbier en petit carrés. Et tu réserves aussi. Et je sais, tu es étonné, mais je t’assure que le morbier…Ca cartonne avec le radicchio !

3. Tu peux mettre ton eau à bouillir pour la cuisson des pâtes. Puis dans une sauteuse, tu fais revenir un peu d’huile et tu y mets tes radicchi. Quand ils commencent à flétrir, tu mets les morceaux de morbier. Puis dès qu’il commence à fondre un peu, tu peux rajouter ta crème. Sales et poivres? J’oublie toujours !

4. Normalement l’eau commence à bouillir, mets ton gros sel et hop tu mets tes pâtes et respectes bien le temps de cuisson. Au moment de les égoutter, tu n’oublies pas le petit plus : une petite louche d’eau de cuisson dans ta crème de radicchio, pour que tout s’amalgame comme il faut.

5. Les pâtes égouttées, tu les arroses d’huile (oui, n’aie pas peur, même si je sais que c’est dur la première fois!) et tu peux tout mettre dans ta sauce, qui continue à chauffer à feu très doux.

6. C’est le moment où tu peux servir joliment tes assiettes, en recouvrant de parmesan ! Voilà, tu es une star. Et je t’ai même donné plein de trucs à raconter à table !


Stor(i)etta des nouilles croustillantes de Kim

Comme j’aime à le dire, j’ai vraiment mal commencé ma vie professionnelle. Quant tu commences dans une ville où tout le monde est sincèrement sympathique, quand tes collègues deviennent tes potes sans même te forcer, quant tu bosses pour une institution moderne et engagée…dur dur d’enchaîner. Google ? Barcelone ? Mmmhh, presque. J’ai commencé à Saint-Étienne, à la Sécu. Et vraiment, je ne suis même pas sarcastique quand je te dis tout ce que je viens de te dire. Sécu 4 ever. Et on en a même fait des boucles d’oreilles de ce slogan.

Un jour, au taf, on nous annonce l’arrivée d’une nouvelle. Kim. Va savoir si c’est à cause de mon frère qui m’a bercé avec Kim Wild ou juste le côté funky-fashion de ce prénom, mais quand on m’a annoncé l’arrivée de Kim, avant même de la voir, je savais qu’on allait être amies.

Et puis Kim est vraiment arrivée. Elle est arrivée avec un pantalon en velours jaune citron, taille haute, coupe cigarette, et un pull en mohair jaune et violet. Style pointu. Surtout à Saint-Étienne. Surtout à la Sécu. Une institution moderne certes, mais côté mode on est plus chemisettes que créateur d’avant-garde, soyons honnetes. Bon tu l’as compris, mon amitié avec Kim a commencé avec à cause d’un prénom, s’est concrétisé avec un pantalon jaune et s’est consolidé dans le TER et à la cafet Casino.
Cafet Casino et recettes ? Ça ne coûte pas plus de bien manger certes, mais avoue, tu te demandes si je vais te parler de (bonne) cuisine. Bah, on a failli jamais en parler.
Parce Kim, fait partie de ceux-là. Elle a ce truc qui fait tout sans que tu ne fasses rien. Un jour, elle m’a même fait un apéro tout fait à base du truc qui fait tout sans que tu ne fasses rien.  Ça osé aussi faire les spritz aussi le truc qui fait tout sans que tu ne fasses rien. Ce jour-là, nous avons testé notre amitié et je n’ai (presque) rien dit.

Et puis, je l’ai eu aux sentiments ma copine, je l’ai fait craquer : parce qu’elle aussi elle a une jolie histoire, une culture à partager. Elle a le plat de son enfance, le plat qui ne respecte aucune règle précise, qui parle d’elle, de sa famille, de finesse orientales et de saveurs vietnamiennes mélangées aux saveurs françaises…Une recette facile, créative et familiale, dont tu trouves les anecdotes et la recette ici !

Bon ce que je ne te dis pas, c’est que la vraie, vraie recette de son enfance, celle qui lui a fait briller les yeux de gourmandise est un plat à base de chips et Nuoc-mam…et Ninotchka ne reculant devant rien, on l’essaira aussi !

La recette des tortillas de Lilia

Si tu as lu la stor(i)etta de ma découverte de la cuisine mexicaine, tu as compris que cela a été riche en découvertes culinaires. J’ai adoré faire les tortillas, j’ai décidé de commencer par te partager cette recette !

Une pâte simple, que tu travailles à la main et qui plaît à tout le monde ! Et que tu peux faire faire aux petits, car ça ressemble vraiment à de la pâte à modeler.

Ce que j’ai aimé de cette recette, c’est que la tortilla c’est un peu la petite robe noire de ton placard, elle sait s’adapter à toute situation : tu viens de les faire toutes fines et avec de la sauce ? Ce sont des enchiladas. Tu les farcies, hop ce sont des tacos. Tu les fais à la main un peu plus épaisses ? Hop ce sont des gorditas (des petites grosses). Tu les a faites il y a quelques jours ? Hop, tu les emiettes dans tes œufs brouillés et ça devient des migas… (c’est le moment où je mets une photo d’œuf et mon compte explose non ? ).

Et comme avec ta robe noire, tu l’accessoirise au gré de ton humeur, avec ce que tu as dans ton placard ou ce que tu as dans ta cuisine..Un vrai plat familial et ludique ! Bon on va être précis : tu peux presque mettre ce que tu veux, j’ai failli déclencher une crise franco-mexicaine. Je reviendrai sur ce petit point de détail dans la semaine.

Revenons à nos tortillas. Nous les avons fabriqués, sur fond de salsa, dans la cuisine de Montbrison, avec la farine achetée à Paris, la presse commandée en ligne. Senora Lilia (mama de senor L) en appel vidéo en direct du Mexique pour nous aiguiller et Signora Michèle (mamma di Ninotchka) en supervision technique. La première rencontre se fait toujours dans une cuisine.

Avant de te lancer, il te faut évidemment la farine de maïs mexicaine et ce n’est pas la chose la plus simple… J’ai trouvé que cet article donnait de bonnes infos ! Pour la presse… Si tu es à Lyon, appelle-moi et on s’aide sinon… Je pense que c’est faisable sans presse aussi, à la main, bien tendues !

De quoi j’ai besoin ?

Pour la pâte :

farine de maïs (on va la mesurer par tasse = 1 tasse de taille moyenne = 6 tortillas )

Eau tiède (on la mesure aussi par tasse)

De l’huile neutre type tournesol

Un peu de sel

Pour la garniture :

Ce que tu veux ! J’ai commencé par des champignons et du gruyère, simple et chic.

1. On va commencer par la pâte. En fonction du nombres de tortillas que tu veux faire, tu multiplies le nombre de tasses. L’équilibre va être : 2 tasses de farine pour une demie tasse d’eau tiède. Tu sales un peu et tu malaxes bien. La pâte doit être souple et ne pas coller à tes doigts. Donc tu te fais confiance et tu ajustes en rajoutant de la farine si besoin. Pour ajouter un peu de souplesse tu peux ajouter un peu d’huile, mais ce n’est pas obligatoire. Évidemment nous, on l’a rajouté.

2. Puis tu fais de petites boules avec ta pâte… Et c’est quasi prêt !

3. Si tu as la presse, tu fais comme moi dans la vidéo .. Et tu dis aussi stop à la fin de l’action hein, je compte sur toi. Sinon tu les entends à la main, en essayant de faire de jolies formes rondes, pas trop fines.

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

4. Mets à chauffer une poêle (type une poêle à crêpes), tu la huiles légèrement. Tu attends qu’elle chauffe et tu commances à dorer tes tortillas, de chaque côté.

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Cette vidéo n’existe pas

5. Et là tu as le choix : ou tu les prépares toutes en avance avant ton dîner (je conseille) ou tu les fais à la minute et tu les sers de suite !

6. Comment les farcir ? Nous avons joué la simplicité : un peu de gruyère ou autre fromage qui te plaît au centre de la tortilla. Ou alors des petits légumes simplement revenus. Ensuite avec ta spatule tu la plies doucement en deux, en veillant à ne pas la casser. Disfruta querrido lecteur !

7. Et voilà… Un apéro qui change, un plat familial à tester pour le samedi ou pour un bon brunch di dimanche

Stor(i)etta de la découverte de la cuisine mexicaine

Je suis une super bonne cuisinière de canapé : j’adore regarder les magazines de cuisine. J’en achète, je les dévore et je ne fais quasiment jamais les recettes. Je lis et j’écoute aussi M.Gaudry et ses amis. Je regarde des chefs parler de leurs recettes. Je peux t’en parler comme si je les avais goûtées. Je kiffe le foody-telling.

Mon ami Nx m’a beaucoup apporté. Pour une modique somme de 7euros par mois, il m’a permis de rentrer dans les meilleures tables du monde entier et côtoyer tous les chefs. Sans même me lever de mon canapé et ni dépenser de l’argent.

C’est d’ailleurs peut-être un peu grâce à NX si ma vie a été joliment bousculée. Plus précisément, NX a contribué à ma fixette sur le mole. Avant, en tant que bonne turinoise je ne connaissais que la Mole Antoneliana. Mais tu ne peux pas vraiment la manger. Puis j’ai écouté et vu Señor Enrique Olivera, et là j’ai compris qu’il y avait une autre dame qu’on appelait Mole. Une sauce de caractère et riche en histoires. Et puis ce Monsieur, au coin de sa cuisine, il a aussi commencé à faire des tortillas, avec une machine que je n’avais jamais vu et qui avait l’air trop cool. Là j’ai compris que le Mexique m’appelait. J’ai alors rencontré plein de chefs, j’ai cotoyé Laura Esquivel, j’ai cherché des ingrédients, j’ai touché des agaves bleues…depuis mon canapé.

Mais Nx ne peut pas tout. Et figure-toi qu’au détour d’une soirée, tu peux aussi rencontrer de vraies personnes. Enfin une personne, qui a eu la chance de naître au Mexique, qui sait faire du foody-telling aussi bien que Senor Olivera et qui te prépare même un mole, pour qu’enfin, je puisse comprendre comment du chocolat et des piments ça peut être magique ensemble.

Je te vois. Tu crois que je suis devenue hyper culcul. Tu crois vraiment que je me fais endormir juste par un petit mole fait maison ? Voilà, tu commences à me connaître. Tu ne rentres pas comme ça chez les Sorrentiniz. Tu dois faire un mole oui. Mais aussi un arroz rojo. Tu n’en n’as jamais fait ? Tant pis, pour toi, t’y vas t’y mettre quand même, parce que…encore une fois, on ne rentre pas comme ça chez les Sorrentiniz. Et puis tu vas aussi faire des tortillas de mais. Avec une masa de maiz (farine de mais instantanée) qui arrive directement du Mexique. Et tu vas aussi lui acheter cette machine trop cool. Pour que tous les Sorrentiniz and co. puissent essayer d’en faire. Et peut-être aussi pour que Ninotchka aies la machine qui lui faisait trop envie ! Et là,…là tu es bon, parce que tu rajoutes les deux ingrédients qui vont finir par te faire remporter la victoire. Tu ajoutes un peu de Mezcal et de la bachata. Ça donne une soirée de sourires, des plats remplis de nouvelles saveurs, des enfants heureux, les grands aussi…Comme tu peux le voir sur les photos ci-…ah non ! Tu ne verras aucunes photos : peut-être c’est le mezcal, peut-être c’est le chocolat…aucune photos de plats finis n’a été prises ! Aucune trace des cuisiniers..

Mais, pas de stress, je t’ai préparé un super recette de tortilla très simple…En attendant d’aller découvrir la richesse du Mexique sur place, j’ai eu une coach en directe vidéo de Veracruz ! Les tortillas de maiz de Lilia…c’est par ici !

Recette : i baci di dama delle madamin’

C’est qui Madamin’ ( prononces

Madamiiiiine). C’est madame en dialecte piémontais. Tu vois tu t’ameliores tellement en italien, qu’on a passé un cap ensemble.

Mais.. c’est qui au juste ? Je vais peut-être te décevoir, mais ce n’est pas vraiment quelqu’un que j’ai connu.  Ce n’est pas une recette directement de transmission, contrairement à ce me dicte ma ligne editoriale. Mais c’est une recette qui parle quand même de partage et et de patrimoine culinaire. Et de gourmandise.
Arrivée en France et en manque de petits gâteaux comme tu l’as compris ici, j’ai cherché à reproduire les goûts qui me manquaient…Cette recette est donc le fruit de longues recherches… Je ne recule devant aucun effort pour ma gourmandise.

Bon et ces madamin’alors ? Les madamin’ce sont toutes ces jolies femmes, d’un certain âge, d’une certaine classe, qui peuplent les salons de thé turinois. Qui boivent leur chocolat chaud ou bicerin l’après-midi entre copines. Et qui mangent un dolcetto avec (un petit gâteau, pas le vin rouge…tu as de drôles d’idées cher lecteur, hein). Et parmi ces petits biscuits, simples et raffinés, nous avons l’un de mes préférés… I baci di dama. Silence. Apprecies le joli nom.

Baci (tu prononces : BATCHI) di… ? oui, les baisers des dames. Et je peux t’assurer que tu vas en vouloir plein des baisers, que tu sois homme ou femme, hétéro ou pas…Et que tu vas vite essayer cette recette que j’ai décidé de te partager !

La simplicité de cette recette la rend aussi faisable par des enfants… Il faut juste aimer être patients et réguliers pour faire les petites boules.
De quoi j’ai besoin ?
300gr de farine
200 gr de poudre de noisettes
200 gr de beurre (je n’ai jamais dit que c’était une recette légère !)
200 gr de sucre semoule
100 gr de chocolat noir à 75% (à faire fondre pour ensuite coller tes biscuits)

1. Et bien rien de plus simple… Tu mélanges tout à l’exception du chocolat. (en photo mon cahier de recettes de mon enfance… Écriture d’époque !) 2. Une fois la pâte bien lisse, tu la laisses reposer 2h. Puis tu commences à faire des petites boules : tu prends un peu de pâte dans ta main et tu la roules sur tes paumes. Je te conseille de faire des petites boules, c’est plus joli et accessoirement plus digeste ! 3. Une fois que tu as regardé un épisode de ta série préférée et que tes biscuits sont faits, tu peux les mettre au four. Ça ne doit pas cuire longtemps : la coque doit rester plutôt blanche. Pour savoir s’ils sont cuits, tu en retournes un et s’ils sont légèrement dorés, tu peux les sortir du four.Four à 180°pour environ 15min ! Laisse-les refroidir (si possible sur une plaque en fer). 

4. Une fois qu’ils sont bien froids, tu peux faire fondre ton chocolat comme tu préfères (bain-marie ou micro-ondes…).Et vu que tu commences à me connaître, c’est la partie que je préfère : il biscotto se transforme en bacio di dama ! Mets un peu de chocolat sur la partie plus applantie du biscuit, trouve celui qui a la même forme et tu les colles ! Et tu essaies de ne pas les manger au fur et à mesure !