Storietta de mon toc sur l’orthographe italienne

Cet article ne porte le nom d’aucune personne précise et pourtant il pourrait porter le nom de plein de personnes. Cet article ne sera peut-être pas le plus drôle mais il sera sûrement authentique 100% Ninotchka …Il me trotte dans la tête depuis l’ouverture du blog…car je crois qu’il est un peu l’essence de ce que j’ai envie de faire : transmettre de la cuisine authentique qui respecte les traditions et les cultures de tous ceux qui partagent avec ces moments en cuisine. Et il se trouve que je suis à moitié italienne, alors souvent mes posts instagram ou mes petites remarques concernent cette cuisine italienne, mais j’essaie d’avoir la même rigueur pour les autres recettes. Je vérifie systématiquement avant d’écrire un mot qui n’est pas de ma langue maternelle, par respect pour les personnes qui ont pensé cette recette, construit ce plat, par amour pour l’histoire de la famille qu’il y a derrière ce plat , le peuple qui le partage. Et je trouve ça très intéressant lorsque d’une famille à une autre, ou d’une région à autre, on parle peu ou proue de la même chose et qu’on ne l’écrit pas pareil, un ingrédient diffère aussi….Je pense alors instantanément à la Tchoutchouka, où il y a autant d’orthographes que de recettes, que de familles. Et je ne prétends pas écrire LA vérité : dans mes recettes et mes histoires, c’est la vérité de la personne qui me la raconte, c’est son histoire, avec toute la subjectivité qu’elle y met et toute la subjectivité que j’y mets aussi.

Bon mais où veut en venir Ninotchka ? Quelle est la raison d’une si grosse introduction ? C’est en raison de l’ennième article portant sur « la cuisson parfaite des pâtes » et qui comporte une ribambelle de fautes d’orthographe. RigatoniS, spaghettiS, NonnaS à toute les lignes et toutes les sauces. Peut-être que si je n’avais pas lu cet article au réveil avec mon café (qui en plus était brûlé ce matin) toi, cher article tu n’aurais pas vu le jour. Parce que ça fait des années que je vois de joyeuses fautes sur les ardoises de beaucoup les restaurants italiens : buraTTA a le vent en poupe (en vrai BURRATA, mot qui vient de Burro, beurre), tout comme FoCCaCia (en vrai Focaccia), paNa CoTa (en vrai : panna cotta. Un jour on m’a même soutenu qu’il y a avait des orthographes différentes en fonction des villes italien pour le mot panna (crème)Mouais). Et pour les S à la fin des mots pour signifier qu’il y en a plusieurs….bah c’est une orthographe qui appartient à beaucoup de langues mais pas à l’italien. Sorry. Désoléee. Lo Siento. Mais je sais que cher lecteur, tu vas me dire, oui mais il ne sait pas forcément écrire l’italien, le journaliste ou encore le restaurateur ou encore moi lecteur et consommateur. Si je dis bruschettas, est-ce que je mérite obligatoirement l’échafaud ?

Et ça là, caro amico, où je vais enfin t’apporter de la nuance dans cet article un peu coup de gueule : parce que toi qui me lis tu ne connais peut-être pas l’italien, tu aimes juste que ta fourchette des fois soit italienne et si tu fais une erreur …quoi de plus normal ? Au contraire bravo : tu as essayé, tu t’es lancé et tu accepteras que quelqu’un puisse éventuellement te corriger avec gentillesse, t’expliquer pourquoi ça s’écrit plutôt comme cela et pas comme ci et tout cela avec un sourire, même masqué. Alors oui, je te regarderai avec le mot le plus à la mode en ce moment, avec cette fameuse madame Bienveillance et je ferai en sorte que tu continues d’aimer ce pays et peut-être de contribuer à ce que tu le comprennes mieux et que tu connaisses quelques mots pour t’y repérer.

MAIS toi professionnel journaliste, toi restaurateur qui souhaite faire un papier sur la cuisine italienne ou un restaurant de cuisine italienne…pourquoi le fais-tu ? Parce que tu aimes ça oui. Comme une grande partie de la population. Parce que l’article qui porte sur la bonne cuisson des pâtes est peut-être plus consulté sur celui qui parle de la bonne cuisson de la tête de veau ça c’est certain. Parce qu’il y a désormais plus de restos italiens qui se sont ouverts dans mon petit quartier de Lyon que de bistrots où tu peux siroter un caffé accoudé au bar…donc oui l’Italie plaît, elle fait vendre, et on ne va pas se mentir. Et oui évidemment tu as le droit de ne pas être italien pour parler ou cuisiner de la cuisine italienne, au contraire, c’est comme ça qu’on s’ouvre , qu’on rencontre, qu’on s’enrichit. Ce qui me chagrine ce n’est pas ça. Ce qui me chagrine fortement c’est que derrière une ardoise mal écrite ou un article mal écrit….c’est que je ne peux m’empêcher de penser que c’est un manque de rigueur du professionnel qu’il peut avoir sur d’autres choses. Et cela ne me mets pas en confiance….Je doute, je scrute et je n’y vais pas ….Et je n’irai jamais…Et oui, tout ça pour un malheureux S à la fin d’un mot. Quand je te dis que je suis têtue….Et à l’objection : on n’a pas le temps….Je crois qu’elle est difficilement entendable : en combien de micro secondes notre ami G nous donne une réponse quand on tape un mot sur la barre de recherche ? Voilà.

Et c’est peut-être là, la question. Pourquoi on ne se sent pas obligés de vérifier un mot italien avant de l’écrire sur notre ardoise ? L’italien et le made in Italy sont sûrement victimes de leur succès…C’est si populaire, c’est si à la mode, c’est si dolce vita, si ensoleillé qu’au final cela marche plus ou moins toujours…Et heureusement il y a aussi des petits pas de fourmis, de professionnels qui font les choses avec rigueur, que ce soit las cuisine italienne, chinoise ou arménienne…alors il faut continuer à les soutenir, mettre le focus sur eux, pour que la différence apparaisse évidente, sans avoir besoin de polémiquer !

Mais alors concrètement, comme tu fais cher lecteur à démêler le vrai du faux ? Tu dois t’inscrire en doctorat de lettre italienne ? Ou apprendre sur Duolingo toutes les langues dont t’aimes la cuisine ? C’est une solution. Mais saches que j’ai essayé avec le chinois et cela a plutôt été un échec. Mes conseils sont toujours les mêmes : une ardoise ou une carte succincte avec indications des provenance des ingrédients est presque toujours un gage de qualité et de fraîcheur (cela montre l’intention que le restaurateur porte au choix de ces plats), discuter avec le propriétaire, le personnel pour sentir un peu l’ambiance, l’histoire, etc…Et continuer à avoir la curiosité d’apprendre un peu plus sur les plats que tu aimes manger, sur le pays d’où ils viennent, c’est sans aucun doute le moyen d’être le plus aguerri possible !

2 commentaires sur « Storietta de mon toc sur l’orthographe italienne »

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