Stor(i)etta della Sarandonga di Concha

Cela fait quelques jours que je pense artichauts. Et ça c’est à cause de ma StilettoDolceVita, mais il est encore trop tôt pour en parler… Il n’empêche que cet artichaut, il est là, il trotte dans ma tête, il tourne et retourne. J’ai cru que c’était l’artichaut cru en salade qui me faisait envie. Et puis non, j’ai pensé peut-être celui à la Giudea, frit. En fait même pas. C’est pas l’artichaut à l’italienne qui m’appelle. C’est celui d’Espagne, celui qui dans dans la Sarandonga, l’alcachofa de Tudela.

Parce que cher lecteur, on en va pas se mentir hein…On fait, on dit, on cuisine, on se zoom, on se skype, on prend l’apéro virtuel, on fait des cours en ligne. Mais quand même…tout ça….a un air de fausses sensations, non ? Il y a des jours où je peux très bien faire avec. C’est un peu comme avec le caffé : de fois, en partant en voyage, tu bois le caffé que tu peux. Celui allongé, celui de Nescafé, celui des bars brûlé, des fois même celui du géant américain en essayant de comprendre pourquoi tout le monde le trouve si génial. Des fois même, tu dors dans des endroits où il n’y a pas de possibilité de se réveiller en faisant immédiatement son café. Pour moi, c’est le pire des scénario dans mon addiction. Et là tu erres, tu essaie de te laver, de t’habiller, de te maquiller, mais tu sais que la journée va être une demie journée. « Un surrogato di caffé » on dit en Italie, soit un faux caffé, une fausse journée. Et puis, arrive un moment où tu retrouves ta cafetière. Et là, c’est la joie dans ton petit cœur, le réveil est doux, le goût si familier que c’est tout de suite « casa ». J’ai évidemment trouvé le remède : partir avec ma cafetière. Toquée, oui, maintenant, tu le sais.

Le remède pour retrouver mon artichaut, je ne l’ai pas aujourd’hui. Parce que tu l’as peut-être deviné, l’artichaut, n’est qu’un petit morceau de ma cafetière…Cet artichaut est accompagné de fèves fraîches, de morue, de riz rond, d’huile et de bouillon… mais surtout il est accompagné de rires en espagnols, d’anecdotes de pueblitos qui sentent bon le sud, ils est accompagné des amis qui entourent la table, qui s’accoudent au bar en bois. Cet artichaut sans tout ça, il est fadasse.

Aujourd’hui, j’ai envie de Sarandoga. Cette sarandonga, cuisinée dans le perol, plat sans couvercle, le même qu’on utilise aussi pour préparer le arroz caldoso…Ah je t’ai entendu…Arroz quoi tu dis? Et bien, je vois avec délectation que la Casa de Papel ne t’a appris que les gros mots, 0 en culture gastronomique espagnole…!!! Donc…Comme le professeur ne te l’a pas expliqué, l’arroz calodoso est fait à partir de riz rond (le bomba), tosté et qui cuit ensuite dans notre perol, et régulièrement mouillé par un bon,bon bouillon. Et je te vois venir, non, non ce n’est pas comme du risotto. Déjà parce que ce n’est pas le même riz, aussi parce que c’est un plat populaire et il n’y a évidemment pas de beurre pour faire la mantecatura qui caractérise le risotto. T

Et maintenant que je t’ai bien perdu, que je t’ai parlé de risotto et d’arroz caldoso alors que j’ai envie de Sarandonga. Et bien retiens que la Sarandonga, non, ce n’est pas de l’arroz caldoso. Déjà parce que la Sarandonga a son actif non pas une mais bien deux chansons qui portent son nom : une cubaine ET une espagnole. Et rien que ça, aucune des deux autres recettes ne peut s’en vanter. Plus sérieusement, la sarandonga est du riz avec de la morue, et puis chacun fait un peu comme sa famille a l’habitude de faire. C’est un plat de la culture gitane, servi pour les fêtes, un plat généreux, qui se danse, se chante et se déguste.

Et juste en écrivant Sarandonga – mot dont la beauté est complétement sous-estimé, on est d’accord ? – je me vois déjà toutes bronzée, les pieds nus dans l’herbe, une robe longue, en train de chantonner un air un peu gipsy (moi-même sûrement un peu tipsy). Je nous vois et nous entends parler en espagnol, des accents andalous, des accents catalans, des accents français, des rires francs entre une cuillère de riz et une gorgé de vin blanc qui pétille.

Oui tu as le droit cher lecteur. Tu as le droit de te demander, de t’étonner de pourquoi c’est aujourd’hui, au Xème jour de confinement, au Xème jour de distanciation sociale – mot proportionnellement à l’opposé de la beauté du mot Sarandonga – que j’ai décidé de te parler d’un plat à partager, un plat qui se déguste pendant des fêtes, un plat qui n’a pas de sens en duo. Bah, peut-être qu’on peut admettre que des fois la mélancolie nous surprend, elle arrive, sans envoyer un whatsapp, la coquine. On trie des photos, on voit les bouilles gourmandes en pleine préparation de Sarandonga, on entend les voix des amis de mon petit coin catalan. Et…ça m’a fait le même effet que de regoûter à un bon caffé après plusieurs semaines de manque….Vivement que la Sarandonga colores toutes nos tables…Recette à venir et promis…elle chantera !

2 commentaires sur « Stor(i)etta della Sarandonga di Concha »

Répondre à Peytoureau anne marie Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :