Stor(i)etta toute jolie de la ensaladilla rusa

Si tu penses que les gens m’invitent spontanément cuisiner avec eux…Je t’aime, mais tu es naïf et/ou tu ne me connais pas vraiment. Derrière ce sourire spécial blog (comme l’a surnommé mon ami K, qui du coup va devoir cuisiner), se cache un petit caractère autoritaire et têtu, comme pourrait en témoigner ma maman. Nintochka est un peu une super héroïne, avec un double pouvoir : obliger les gens à cuisiner et à les faire parler des choses les plus secrètes et indiscrètes.

Mon double arrive donc à :

  • se faire inviter chez les amis à une date qui lui va bien, à imposer une recette qu’elle aime et qu’elle a envie de manger. Tu ne crois pas que je vais accepter la première petite quiche que tu as trouvé sur Marmiton?
  • les regarder cuisiner tout en faisant semblant de prendre des photos des produits. Ou mieux : mobiliser une tierce personne pour qu’elle prenne les photos. Il faut quand même veiller à ce qu’elle n’ait pas trop guillerette, sinon ça fait comme pour cette recette-ci
  • se faire prendre en photo tous sourires, tous complices et fait croire que Ninotchka t’a fait passer un super moment.

Et en plus de s’empiffrer, elle arrive aussi à poser des questions, plein de questions, jusqu’à obtenir les réponses satisfaisantes. Croustillantes comme une bonne oreillette du Carnaval. Et pour cela, il faut de la ruse, de la patience et un peu (beaucoup) de curiosité.

La ensaladilla rusa, par exemple. Tu crois que l’histoire c’est juste qu’on aime bien les légumes avec de la mayo ? Je suis plus complexes que ça, voyons… Avec Agnès, on partage plein de choses : des valeurs communes, un amour pour les pièces de théâtre (je lui ai fait croire en tout cas), un amour pour les livres de cuisine (elle y croit en tout cas), un amour pour les déménagements (elle s’obstine à nous le faire croire en tout cas)… Et on partage surtout un amour pour les terres espagnoles et catalanes. On veille d’ailleurs à maintenir nos compétences en espagnol : on sait où savourer un Vermout au coin de Barceloneta, on sait comment siroter une San Miguel dans une crique jambes dans l’eau, on sait comment se faire inviter à des repas en toute simplicité, avec quelques grands crus, quelques cinquantaines d’huîtres et le pain du meilleur boulanger du monde (cette compétence, c’est moi qui lui ai appris.). Agnès et moi, on sait plutôt bien vivre. Bon, le seul petit bémol est qu’Agnès préfère goûter que cuisiner. Jusqu’au jour où je découvre qu’elle sait préparer la ensaladilla rusa. Un de mes pêchés gras mignon. Ninotchka ne la lâche pas. Je la goûte une fois. Et pendant les années qui suivent (oui,oui ça se compte en années) Ninotchka harcèle Agnès. Et enfin, attirée par l’exposition mondiale que lui permet le blog (je mesure mes mots), elle cède et elle cuisine pour moi.

Et là, c’est une surprise après l’autre. Au-delà de découvrir son appétence pour préparer la mayonnaise (ici), je découvre la vraie histoire de la ensaladilla rusa.

Cette recette raconte l’histoire d’une jolie française de 16 ans qui aime l’Espagne depuis son plus jeune âge et qui rencontre un jeune bel espagnol. La veille de son retour en France, il lui demande de le réveiller pour lui dire au revoir. Bon, elle ne comprend pas bien l’espagnol puis tu rajoutes à ça un peu de timidité…le bel hidalgo n’a pas été réveillé par la douce française.

Je te parle d’une époque sans Messenger ou WhatsApp. Une époque où tu achètes du papier à lettres, une époque où tu attends que le téléphone fixe qui sonne. Oui, oui nous avons connu les cassettes et le lecteur de cassette Fisher Price marron. Nes ois pas désagréable cher lecteur, il y a beaucoup de chances que toi aussi tu aies connu tout ça. Ne soyons pas passéiste et revenons à notre jolie et douce française. Quelques mois plus tard elle reçoit (enfin!) une lettre avec cette phrase « si tu ne vois pas bien qui est l’expéditeur de cette lettre… Je suis le garçon que tu aurais dû réveiller ». Clap de fin.

Naaaaaaa. Si tu es gnangnan comme le peut être Ninotchka, cette fin ne te satisfait pas. C’est un peu comme dans Dirty Dancing, lorsque Patrick Swayze part sans vraiment dire au revoir à Baby…tu sais qu’il doit revenir. Et bien, là aussi, on sait que ça ne peut pas finir comme ça.. Et quelques années plus tard, après quelques années de vie en terres espagnoles pour notre jolie française, ils ont l’occasion de se revoir et… il lui cuisine une ensaladilla rusa.

Avoue que ça méritait bien que Ninotchka ne lâche pas l’affaire hein….Avoue que toi aussi maintenant tu as envie de goûter à ce plat tout en regardant Dirty Dancing hein ?

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