Stor(i)etta della Pasta al radicchio di Pablo feat. Cri

Cri, c’est mon grand frère, nous avons 12 ans de différence. A 15 ans, il a traversé les Alpes, sans éléphants, et il a commencé à étudier au lycée international de Grenoble. Nous faisions donc régulièrement les aller-retours Alba-Grenoble et on le ravitaillait de choses essentielles à son bien-être : i Tronky, i Ringo (si tu n’es pas italien, inutile, tu ne peux pas comprendre), du jambon cru, du polpettone, et des ampoules. Oui, tu as bien lu, des ampoules. C’était le pot-de-vin destiné au CPE. Je sais, ça reste un mystère pour moi aussi cette corruption.

Tu dois te dire qu’il commence mal cet article,avec une histoire d’ampoules et des allers-retours entre Alba et Grenoble, villes connues pour leur movida et leurs (1)50 nuances de gris du ciel. Et ça ne va pas s’arranger, car j’ai été tentée de te faire un article sur l’histoire de mon frère, de comment il a cuisiné son premier plat, esseulé dans sa chambre d’internat. Et comme il a ensuite aimé cuisiner…Et je t’assure que j’aurais pu faire un truc digne d’une bonne production NX, avec de l’amour, des pleurs et un happy-end. Mais en vrai, la recette de Cri, celle qui le raconte, ce n’est pas celle-ci. Elle est prête, et n’attend que l’été et les légumes du soleil.

Cette recette parle plutôt d’échanges italo-français et d’amitiés sans frontières. Des amitiés qui se poursuivent, malgré la distance géographique et une vie hors de tout réseaux sociaux pour Pablo et Cri. Pablo, que mon frère a rencontré au lycée international de Grenoble. Et que j’ai moi-même rencontré un jour d’été, sous le soleil catalan où il a sonné, par surprise, chez nous.

Pleine de joie de pouvoir ouvrir la porte, je cours, lui ouvre et je reste interloquée. Et…Je lui claque la porte au nez. Je recours en sens inverse, je vais voir ma mère, et je lui explique, effarée, qu’il y a quelqu’un qui veut voir mon frère : un garçon avec de petites lunettes rondes… et avec une crête, des piercings aux oreilles, peut-être (sûrement) un (des) tatouage(s), un jean troué, des Doc Martens et de grosses chaussettes blanches. Ninotchka, 5 ans, découvre un punk, en plein milieu de son voyage Interail !

Cri et Pablo ont, selon ma mère, lancé la mode des jeans déchirés au milieu des années 80. Si, nous sommes autorisés à douter de cette information, il faut reconnaître qu’au-delà de cet amour en commun pour les looks atypiques, ils ont aussi décidé d’avoir un parcours atypique : faire de longues études supérieures, pour ensuite ouvrir tous les deux un restaurant, l’un à Grenoble, l’autre à Padova. Et ça juste avant que les reconversions dans la cuisine soient à la mode, que l’engouement pour la cuisine envahisse tous nos réseaux, que tous les chefs deviennent sexy-tatoués-barbus. Mon frère et Pablo ont été un peu des précurseurs du fooding. Je suis peut-être bien la fille de ma mère.

Si je te parle aujourd’hui de sa recette de pâtes, c’est grâce à leurs échanges culinaires : l’un amenait des vins français en Italie, l’autre des vins italiens en France. Et un jour, Pablo est arrivé à Grenoble avec le radicchio et c’est devenu un incontournable de nos hivers ! La recette, c’est ici !

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